Première expédition de la Brigade à Bron
©️sarahvithaya
Le samedi 06 juin, la Brigade d'Exploration des Zones Ordinaires a mené sa première mission dans la zone commerciale de Bron. Le point de départ était situé sur le parking du magasin Action, où les participants se sont réunis pour recevoir leurs rôles, leurs outils et leurs missions.
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Après avoir identifié le magasin Décathlon le plus proche sur Google Maps, les équipes se sont engagées à pied dans l'exploration. Photographes, dessinateurs, cartographes, collecteurs et caméramans ont parcouru les espaces intermédiaires qui composent le paysage commercial : parkings, trottoirs, friches, voies de circulation, espaces végétalisés et abords des enseignes.
Au fil du trajet, l'attention des participants s'est déplacée des commerces eux-mêmes vers les détails du territoire. Des objets abandonnés, des plantes spontanées, des marquages au sol, des chemins informels et de nombreuses situations insolites ont été observés, documentés et collectés. Le jeu a permis de ralentir le rythme habituel de la zone commerciale et de révéler des éléments souvent ignorés lors des déplacements quotidiens.
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L'arrivée à Décathlon a marqué une étape dans l'expédition avant le retour vers Action. Ce second parcours a offert un nouveau regard sur les lieux traversés, permettant de compléter certaines missions et d'approfondir les observations réalisées à l'aller.
De retour au point de départ, les participants ont présenté leurs productions lors d'une restitution collective. Les photographies, dessins, cartes, objets collectés et séquences vidéo ont été rassemblés sur une grande carte du territoire. Grâce au système de repérage par rôles, il a été possible de comparer les différentes manières de percevoir un même espace.
Cette première exploration à Bron a confirmé l'hypothèse au cœur du projet : les zones commerciales, souvent considérées comme des espaces ordinaires ou fonctionnels, recèlent une multitude de détails, de récits et d'usages qui apparaissent dès lors qu'un dispositif collectif invite à les regarder autrement.
“Lorsque nous sommes arrivées au parking d'Action, nous avons pu choisir notre rôle ; j'étais la dessinatrice. Je ne suis pas accoutumée aux zones commerciales en périphérie de ville comme celle-ci, mais à force de prêter l'œil aux détails, et en suivant la route vers Decathlon, je voyais peu à peu mes dessins évoluer. Ceux du début étaient marqués par les lignes des passants qui reliaient, par leurs pas, l'entrée et la sortie d'Action au parking. Puis nous sommes sorties de l'espace réservé aux piétons pour nous engouffrer peu à peu dans celui des voitures. Mes dessins reprenaient l'étrange similitude formelle entre les buissons et ces structures d'hypermarchés, dans une sorte d'apologie du rectangle.
Plus j'avançais dans cet espace peu propice à ma circulation, plus je ressentais une sorte d'extase à ne pas être à ma place. Les trottoirs amoindris, les zones d'ombre disparaissant, faisaient de ce trajet une aventure. Le groupe m'attendait régulièrement. Nous aidions Inas et son chariot de trésors sur des pistes peu praticables. Même si nous étions proches dans la marche, nos centres d'analyse et les missions que nous avions nous donnaient une expérience du lieu individuelle, où chacune se retrouvait seule par intermittence.
Nous avons traversé une voie rapide pour rejoindre un trottoir qui n'avait aucun autre accès que celui d'une route interdite. De l'autre côté du pont, j'observais une sorte de vie revenir, en même temps que l'ombre et les gens. Cette zone exprimait la promesse d'un confort à portée de main. Le bruit des voitures s'estompait ; nous arrivions à Decathlon. J'ai ressenti une vive euphorie à la vue des personnes ; celle-ci était partagée entre nous toutes. Cette aventure a duré 30 minutes pour un trajet estimé à 15 minutes, et cela à seulement 15 minutes en voiture de chez moi.” La dessinatrice
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